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REGISTRES
DU BUREAU                                              [i56i]
revenu de leurs benefices -1'. Et au demourant a semblé, que oultre le retranchement que le Roy pourra faire de son Estat jusques à ce qu'il ayt plus grande commodité de l'entretenir, qu'il seroyt bon d'ordonner que les dons grans et excessifz (2), qui ont esté faictz durant les guerres et affaires de ce royaulme et durant le temps que le Roy a esté con­trainct de vendre tant son dommaine que ses aydes,' soyent cassez et revocquez, et ceulx qui les ont pris condempnez à les rendre, mesmes ceulx qui ont eu desd, dons sans avoir faict ne peu faire aucun service au Roy ne à la chose publicque, sans en ce toutes foys entendre y comprendre les princes du sang, s'il se trouvoyt que, en temps importun et au temps que le Roy vendoyt son dommaine et aydes, comme dict est, pour subvenir à la necessité de ses guerres, aulcunes libéralités leur eussent estées faictes.
tant de daces nouvelles que l'on n'y scauroyt plus aulcune chose adjouster, par le moyen desquelles la cherté des vivres est telle en cestedicte Ville que chacun, la congnoist. Pour ceste cause supplyroyent trés voluntiers le Roy qu'il luy pleust de trouver bon, pour le bien et contentement de ses subjectz et pour les entretenir en la bonne volunté et affec­tion qu'ilz luy ont tousjours porté et portent, que l'on ne myst aulcuns nouveaulx subsides, et que l'on advisast par tous moyens possibles à abbatre ceulx qui y ont estez mys par le passé. Et neant­moings a semblé qu'il estoyt fort raisonnable que ceulx qui tiennent la meilleure partye du bien de ce royaulme, comme les gens d'Eglise qui possedent les gros benefices qui ne sont beaucoup chargez, sans y comprendre les pauvres curez et autres pauvres bénéficiers qui ont grande peyne à vivre de leurs benefices, aydassent du tiers ou des deux partz du
CXLIX- — Mess" oint salue le Roy, la Royne et le Roy de Navarre. -— L'entrée du Roy retardée.
4 juin i56i. (Fol. 96 v°.)
Le mercredy, quatriesme jour de Juing mil vc lxi, Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins ont esté salué le Roy, la Royne Mere et le Roy de Navarre. Et après leur avoir faict entendre qu'ilz avoient advisé que, pour les grandes challeurs qu'il faict et autres considerations, le Roy ne fera point son entrée jusques après la my aoust que le temps sera plus moderé'3', leur a aussi commandé le Roy de faire appeller tous les archers, arbalestriers et
hacquebutiers de ladicte Ville, pour estre demain à cinq heures du matin en armes, achevai, devant l'Hostel de lad. Ville, pour faire ce qui leur sera or­donné par mons' le Prevost des Marchans, et qu'ilz n'eussent à y faillir, sur peyne de pugnition corpo­relle et privation de leurs estatz.
Ce faict, ont esté expédiez les trois mandemens aux trois cappitaines.
O D'après les cahiers des États Généraux d'Orléans, on rencontrait dans le clergé du xvi0 siècle l'extrême misère à côté de la richesse et du luxe, il y avait même une quantité de prêtres mendiants et vagabonds; la pauvreté de certaines cures avait fini par amener le trafic des sacrements,' et le scandale qui en était résulté avait contribué dans une certaine mesure à la propagation de. l'hérésie. Des abus aussi criants appelaient une réforme, aussi voit-on la noblesse et le Tiers Etat réclamer la gratuité absolue des sacrements et une distribution égale des revenus ecclésiastiques ; pour diminuer le nombre des prêtres mendiants il fut interdit aux évêques de conférer les ordres à tout clerc qui ne pourrait justifier d'un revenu annuel de cinquante livres tournois. (Cf.Picot, Histoire des Etats Généraux, t. 11, p. g4, g5.)
(2)-Les Étals tenus à Paris le 15 mars précédent avaient déjà déclaré que le maréchal de Saint-André devait rendre compte des dons excessifs qu'il avait obtenus du feu roi Henri et en payer le reliquat, demême que ceux qui avaient eu le maniement des affaires depuis le décès du dernier roi majeur, pour le tout être appliqué au payement des dettes de l'État. (Cf. L. Paris, Négociations sous François ll, p. 833.)
--) Charles IX avait envoyé le 22 mai le sieur de Lezigny, son maître d'hôtel, porteur de lettres missives du 17 mai, pour prendre toutos les mesures relatives à son entrée fixée dans le principe au 20 juillet; les deux cents gentilshommes de la maison du Roi et les archers des gardes devaient se trouver à Paris à cette date, mais le roi changea de sentiment et décida de remettre son entrée solen­nelle au 15 janvier suivant, il en donna avis le 8 juin au Prévôt de Paris, par lettres missives qui lui enjoignaient de faire publier cette détermination dans tout le ressort de la Prévôté. {Archives nationales, Parlement de Paris, X" 1596, fol. 2 03 v°; Châtelet de Paris, Bannières, Y 11, fol. 122 v°.)